lundi

De l'enthousiasme, de l'enthousiasme !

Chez les Grecs, l'enthousiasme signifiait avoir "Dieu en soi". Le transport divin qui habite et inspire ; qui pousse à créer et à innover. Carburant des existences, il contribue au renouvellement, au dynamisme, au progrès. 
L'étincelle, l'élan, l'envie, la volonté, la passion. 

Qu'en reste-t-il, chez nous, au XXIe siècle ?


Hier, j'intervenais dans une classe de Première Littéraire, accompagnée d'une amie. Face à une vingtaine de regards plus ou moins intrigués, on a raconté un projet. Faire vivre un groupe de débats, d'initiatives au sein du lycée dont le premier thème porterait sur le rôle de contre-pouvoir des médias. Rien d'infaisable, en somme. On explique que le monde de demain est à construire, que l'avenir leur appartient. Ringard, cliché me direz-vous. Pourtant, c'est intemporelle. Si les jeunes ne sont plus motivés, quel espoir peut subsister ? On poursuit notre speech : l'importance du débat et de la délibération, la nécessité de repenser les médias de demain, la valorisation de tous types d'actions. Bref, on veut de l'optimisme, du courage, de la persévérance. Il y a toujours quelque chose à faire. Rien n'est jamais perdu d'avance. On demande s'il y a des questions, des remarques, s'ils portent l'envie du renouveau, d'un autre XXIe siècle. Il ne faut pas qu'ils aient peur de prendre la parole, personne n'est là pour leur faire la morale. 

Et puis, le silence d'une classe. Des grands yeux. Pas de réactions. Les jeunes sont-ils aussi désintéressés qu'on le dit ? Avions-nous été les bisounours idéalistes de service, seulement bons à leur faire perdre 20 minutes de cours ? L'urgence dans la voix, on interroge les élèves de manière plus précise : comment s'informent-ils ? Se sentent-ils bien informés ? Ont-ils déjà mené des projets personnels ? Ont-ils le sentiment de pouvoir apporter leur pierre à l'édifice dans ces sociétés au système, qu'on qualifie, d'impitoyable et d'intouchable ? 

vendredi

Paris par Aragon

En ce jour de commémoration, j'ai repensé aux mots d'Aragon. Il parlait de Paris. De la capitale libérée, un an plus tôt.


Paris


Où fait-il bon même au coeur de l’orage
Où fait-il clair même au coeur de la nuit
L’air est alcool et le malheur courage
Carreaux cassés l’espoir encore y luit
Et les chansons montent des murs détruits
Jamais éteint renaissant de la braise
Perpétuel brûlot de la patrie
Du Point-du-Jour jusqu’au Père-Lachaise
Ce doux rosier au mois d’août refleuri
Gens de partout c’est le sang de Paris
Rien n’a l’éclat de Paris dans la poudre
Rien n’est si pur que son front d’insurgé
Rien n’est ni fort ni le feu ni la foudre
Que mon Paris défiant les dangers
Rien n’est si beau que ce Paris que j’ai
Rien ne m’a fait jamais battre le coeur
Rien ne m’a fait ainsi rire et pleurer
Comme ce cri de mon peuple vainqueur
Rien n’est si grand qu’un linceul déchiré
Paris Paris soi-même libéré
Louis Aragon, 1944

jeudi

Johnny Depp, perles rares d'une filmographie

Spontanément, les titres qui vous viennent à l'esprit ? Pirates des Caraïbes, Charlie et la chocolaterie, Alice aux pays des merveilles... des œuvres qui sont incontournables dans la carrière de Johnny Depp. Ces dernières l'ont fait connaître auprès d'un large public, qui a très vite adhéré à son jeu singulier liant décalage, humour, justesse, sincérité. Amoureuse (comme beaucoup) de ce personnage original, j'ai fouillé sa filmographie. Au fil des mois, je suis tombée sur des perles rares, trop souvent tombées aux oubliettes. Il y a des chefs-d’œuvres esthétiques, satiriques, scénaristiques, philosophiques que vous vous devez de voir ! (après seulement, vous pourrez prétendre au rang de groupie de Johnny-depp)


1) Cry-Baby - 1990, John Waters
cry baby johnny depp blog critique cinéma
synopsis
Un mauvais garçon, Wade alias Cry-Baby, moins féroce qu'il ne cherche à le paraître, tombe éperdument amoureux d'une jeune fille on ne peut plus respectable. Méchamment repoussé par l'establishment, pourchassé par la police, humilié, lui qui semait le mal ne tarde pas à découvrir les tragiques extrémités auxquelles la passion peut conduire.

Parodie, dérision, caricature, humour, loufoque ; tout est à prendre au 36e degré dans cette étonnante production. À l'heure où les comédies musicales se développaient et où les intrigues ultra-stéréotypées commençaient à envahir le grand écran, John Waters prend l'exact contre-pied. Johnny Depp en pseudo beau-gosse-rebelle est désarmant. Loin de tomber dans l'excès, le juste équilibre est au rendez-vous pendant toute la durée du film. Premier grand rôle de l'acteur, l'aspect décalé de Johnny se donne à voir dans toute sa splendeur. 

(en revanche, à regarder ABSOLUMENT en VO, la traduction française dénature complètement le film. La fine frontière entre un Cry-baby satirique et un Cry-baby ridicule est franchie...) 

mercredi

Quand l'information se déplie : le 1, une presse innovante

Tous les jours, des dizaines de nouvelles nous parviennent : radio, télé, presse, réseaux sociaux... Le drame : l'information partielle, l'information de « surface ». On ne va jamais au fond des sujets, on ne prend plus le temps de réfléchir, on se contente de brèves analyses recueillies maladroitement auprès de quelques médias. Il est de plus en plus difficile de s'y retrouver dans ce flux d'info constant. C'est pourquoi, j'ai très envie de vous parler d'un concept innovant qui rompt complètement avec les pratiques médiatiques actuelles. 


Le 1, l'idée de génie d'Eric Fottorino
une du n° de la semaine (15/04)

Alors qu'on crie partout que la presse papier se meurt, l'ancien PDG du monde, imagine un projet à contre-courant. Il pense très justement à la création d'un journal papier. Cependant, ce sera un modèle quelque peu différent... Un support qui se déplie et non plus qui se feuillette, un sujet d'actualité par semaine et non plus des dizaines. Il s'agit de renouer avec une véritable profondeur intellectuelle en donnant à lire "plusieurs regards". Ainsi, s'entrecroisent les idées d'écrivains, de poètes, de politiques, d'historiens, de spécialistes afin d'offrir au lecteur un horizon complet du sujet traité au travers de différentes positions argumentées. Un rêve éveillé pour l'esprit critique. 



mardi

Radio live : Désobéir par Caroline Gillet et Aurélie Charon

Dans le cadre du festival Le Livre à Metz (9 - 12 avril) ayant pour thème « mauvais genre », deux journalistes nous ont proposé une expérience de radio live. Compte-rendu.

DÉSOBÉIR ! Quand la jeunesse devient subversive
témoignages d'Algérie, de Russie, du Bangladesh > contre l'autoritarisme, le conservatisme religieux, le traditionalisme 



« Aurélie Charon et Caroline Gillet réalisent pour France Inter des séries documentaires qui font le portrait de la jeunesse dans le monde. 

A Metz, elles proposent une expérience de journalisme live : réunir des ‘personnages’ de leur série radio, des élèves de Terminale du lycée Julie Daubié de Rombas, et des jeunes ‘désobéissants’ d'ici et d'ailleurs, pour une conversation globale en son et en images. Il sera question des interdits à braver pour gagner sa liberté : d'expression, de religion, de sexe, de mode de vie... Un échange qui sera croqué en direct par l'illustratrice Amélie Fontaine. »